Déterminisme / Libre-arbitre en Astrologie

 

Cette nuit j’ai fait un rêve…suite à une conversation avec un ami, non astrologue, me disant que finalement nous n’étions ni libres ni responsables de nos actes si les astres gouvernaient nos destinées.

Dans ce rêve je tentais de lui expliquer que si, dans des moments clés de notre vie, les planètes se placent sur des points précis de notre thème astral et semblent donc être à l’origine d’une épreuve, d’une maladie, d’un deuil ou d’un mariage, d’une naissance, d’un succès, les choses ne sont pas si simples…les astres ne sont pas des dieux versatiles agissant de l’extérieur et nous imposant leurs diktats, maléfiques ou bénéfiques.

Dans mon rêve il m’apparaissait que le cosmos et ses rondes planétaires sont en syntonie avec notre monde intérieur, chacune de nos cellules vibrant à l’unisson des vibrations cosmiques. Chacune de nos milliers de milliards de cellules s’apparente à un mini zodiaque (titre d’un chapitre du livre « L’alchimie de la vie du Dr. Etienne Guillé) en miroirs des milliers de milliards de galaxies dans l’univers et en parfaite résonnance avec la parole d’Hermès Trismégiste "Ce qui est bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas".

 

Cette vision des choses illustrant une synchronicité entre ce qui est dans le ciel et ce qui est en nous, entre un transit planétaire et une planète de notre thème astral, entre la fréquence vibratoire d’un astre et notre signature vibratoire propre, comment imaginer qu’un astre puisse imposer sa Loi, comme un vulgaire dictateur, à un pauvre humain enchainé et conditionné ? Où serait la Logique grandiose, où seraient l’Intelligence suprême et la Beauté ineffable de la Création ? Où serait l’Amour ?

 

Cependant la parole d’Hermès Trismégiste évoque une analogie mais pas une égalité : il est évident que l’homme n’est pas l’égal du Ciel, sinon nous vivrions sur Terre un monde de perfection. Très loin s’en faut.

Ainsi nous ne pouvons nier que, pour paraphraser Nietzsche, « humains, trop humains » nous sommes, empêtrés dans nos désirs, nos jugements, nos passions, nos peurs, nos petitesses.

 

Notre thème astral tropical, géocentré, reflète notre condition humaine, il dévoile les énergies planétaires que nous sommes capables de capter en fonction de notre histoire familiale, fœtale, karmique. Chacun de nous est donc déterminé par le vécu conscient et inconscient de nos parents, grands-parents, aïeux, par le développement de l’embryon puis du fœtus que nous avons été dans le ventre de notre mère et par les lois de cause à effets de notre karma, sans compter celles du karma collectif du pays où nous naissons ou où nous vivons.

 

Ce déterminisme là existe bel et bien et est parfaitement lisible dans nos thèmes astraux. C’est un premier niveau de lecture.

 

Beaucoup d’astrologues le constatent, qu’ils le nomment déterminisme, destin ou fatalité.

 

Georges Antarès, par exemple, nous livre ceci : «  Je ne suis pas, personnellement, partisan du déterminisme absolu, beaucoup s’en faut, mais la pratique constante de l’astrologie m’a amené à la conclusion que si notre volonté, notre intelligence, notre degré d’éducation nous permettent souvent de faire violence à nos instincts, de poser des actes délibérés, de choisir une route plutôt qu’une autre, il est des circonstances où par les effets de la Loi des Causalités, la Loi du Karma, nous ne pouvons que subir notre destin ».

 

Il parle de déterminisme relatif et en donne comme exemple ceci : voyez l’interprétation d’un thème ; l’astrologie peut bien esquisser les tendances générales de l’individu, mais n’arriverait jamais, quelles que soient ses possibilités, à déterminer d’avance un caractère humain et ses réactions avec une rigidité absolue ; surtout que les mêmes événements arrivant à des périodes différentes de la vie produisent un effet et des réactions différentes.

 

Ou encore, pour illustrer ce problème de notre liberté et de nos limitations, il donne cette image : « l’on pourrait comparer l’homme à la chèvre qui se trouve attachée à un pieu au milieu d’une prairie. La longueur de la corde qui détermine la superficie du cercle dans lequel la chèvre pourra se mouvoir représente les limitations de notre destin, de notre karma, mais il est évident qu’à l’intérieur de ce cercle la chèvre est absolument libre de se mouvoir et de brouter à l’aise… »

 

Les anciens astrologues (Grecs, Romains, Arabes, ceux du Moyen Age…) pratiquaient une astrologie plus déterministe que celle en vogue dans nos sociétés actuelles où la liberté est de mise.

C’est pourquoi la prédiction était couramment utilisée à ces époques reculées (prédiction et déterminisme ou destin vont de pair) et qu’elle demeure, de nos jours, attachée à l’astrologie dans l’esprit de la plupart des gens ignorants de cette discipline.

 

« Dans le sens courant, hérité des Grecs, le destin est un concept lié à la mort et à l’incompréhension de l’individu face à sa trajectoire de vie. Celle-ci lui apparaît modelée d’une façon inéluctable et particulière pour des propos qui lui échappent. Le destin est ainsi aveugle, insensé, douloureux et par là, inacceptable… Malgré cela, l’attrait de la distinction poussera l’humanité à chercher un palliatif : la prédiction qui lui permet de connaître à l’avance la fatalité. La prédiction et le destin sont étroitement liés » nous dit le fondateur de l’Astrologie structurale Christian Duchaussoy.

 

L’astrologue Bernard Duchatelle constate que « La réponse à la question du déterminisme est ambiguë. S’il n’est pas irrévocable, peu lui échappent !

Mais il ajoute « Pour le dire autrement la liberté s’acquiert, une appropriation rendue possible par la connaissance de soi. L’astrologie devient alors un instrument au service de la conquête du libre-arbitre, qui en ce sens est synonyme de sagesse ».

 

Tout astrologue « sérieux » et désireux d’ouvrir les consciences se doit de reconnaitre la part de liberté de l’homme.

Chacun l’exprime à sa manière, en voici quelques unes :

 

« Le libre arbitre est la mesure de l’aptitude de l’homme à être et à agir en tant qu’individu. Le destin est la mesure de sa dépendance à l’égard des structures déterminantes que constituent les normes collectives et génériques. » Dane Rudhyar.

 

« Ramené à l’astrologie, ceci nous indique clairement combien il ne peut en aucun cas exister de déterminisme excepté celui créé par le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur notre vie, confortant de façon éclatante ce qu’en disait Dane Rudhyar - le père de l’Astrologie Humaniste - à savoir que « tout individu peut changer sa vie consciemment à tout moment » Frédérique Ahond.

 

Le célèbre psychiatre suisse Carl Gustav Jung à qui l’on doit le concept d’individuation et la notion de synchronicité était aussi féru d’astrologie, il utilisait d’ailleurs les horoscopes astrologiques comme outils de diagnostic dans sa pratique analytique...Qui n’a pas entendu sa sentence si profonde résumant en peu de mots la dialectique déterminisme / libre-arbitre : « Ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin ».

 

Voici un passage du livre « Le zodiaque, clé de l’homme et de l’univers » du maitre spirituel Omraam Mikhaël Aïvanhov :

« C’est au moment de la naissance que le corps éthérique de l’enfant qui est encore comme une cire molle et vierge, reçoit l’empreinte des influences astrales. Par la suite, la cire refroidie ne peut plus être modifiée. Lorsque l’enfant pousse son premier cri le ciel appose son sceau sur son corps éthérique et fixe son horoscope dans lequel s’inscrit son destin. Le seul moyen pour l’homme de se libérer des limitations que lui imposent les astres est de travailler à rétablir consciemment le lien avec Dieu, c’est ainsi qu’il échappe à la loi de nécessité pour entrer sous la loi de la grâce. Mais cette liberté à laquelle nous aspirons tous est la dernière chose que nous obtiendrons. C’est pourquoi la liberté est considérée comme la couronne de la spiritualité. »

 

L’astrologue Philippe Arlin exprime ainsi les messages qu’il a reçus et retranscrits dans son magnifique livre « L’Astrologie à la lumière du cœur » :

« Oui tu as raison, c’est bien cela qu’est le thème, un ensemble de causes et d’effets, l’aboutissement logique de nombreuses vies passées dans l’ombre de l’inconscience où l’ego, ton frère d’armes, a cru bon de renforcer cet œuf de protection comme si la nuit n’était pas assez noire, la prison pas assez protectrice et que ce monde cruel en voulait à ta vie. Voilà ta peur, voilà ta tristesse, elle n’est rien d’autre que l’étouffante et collante présence de ce voile aux mille fils emmêlés. Et pourtant, c’est bien de lui dont je te parlais comme l’œuf de ton accomplissement, comme l’opportunité fabuleuse de cette deuxième naissance, la naissance à toi-même… Le thème est donc le pur reflet, la pure image de ton cocon spirituel. Il te parle de l’état de fœtus, de la résistance de la coquille et aussi des réserves d’énergies qui permettront dans cette vie, et non dans une autre, de voir grandir l’embryon et percer l’œuf. »

 

Des poètes et des philosophes, astrologues ou non, ont aussi ajouté leur graine à la question essentielle de la conquête de la liberté face à l’inflexibilité du destin.

 

Ainsi selon Platon, seules la raison et la sagesse permettent à l'être humain de s'affranchir du destin prédestiné par les formes universelles et de développer son propre libre arbitre.

 

Pour le grand philosophe-mathématicien Pythagore « Il faut choisir un milieu juste et bon. Aucun homme n'est libre s'il ne sait pas se contrôler. »

 

Goethe disait de l'Astrologie « qu’elle n'est pas synonyme de fatalisme. Elle permet de dégager la structure d'un être humain ou d'un groupe, et si nous sommes déterminés dans notre structure, nous sommes néanmoins libres dans le développement du contenu de cette structure. Dans la vie, les jeux sont donnés, mais avec un jeu donné, chacun peut faire une partie différente ».

 

Quant à Dante, l'auteur de La Divine Comédie : « Les astres sont bien la cause première de vos actions, mais vous avez reçu une lumière qui vous permet de distinguer le bien du mal, et une volonté libre qui, après avoir commencé à lutter contre les astres, triomphe de tout si elle est bien dirigée ».

 

Ecoutons enfin Victor Hugo « Le grand destin de l'homme est de refuser son destin… Si tu ne décides pas de ton destin c'est ton destin qui décide pour toi. »

 

Ma phrase préférée reste celle de Jung : « Ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin ».

 

La conscience est mentionnée dans nombreuses de ces sentences, elle apparait comme corollaire de la liberté, ne parle-t’on pas de « liberté de conscience » ? Ne parle-t’on pas aussi de « bonne conscience » ou de « mauvaise conscience » montrant en cela qu’elle nous permet de distinguer le bien du mal ?

La conscience est, il me semble, cette faculté intime, spirituelle, d’unir la tête et le cœur, nous offrant l’intuition du sens, de l’essence de ce que nous sommes en nous-même et face au monde et au cosmos ; elle est la condition sinequanone de la possibilité, par-delà la puissance de nos instincts et de nos conditionnements, d’exercer notre libre-arbitre, c’est-à-dire de faire le choix qui résonne au plus juste de notre fréquence intérieure.

 

Le 18 juillet 2026

 

 

Bibliographie :

 

  • "Archives Astrologiques - Fatalité et Liberté Humaine" - Georges Antarès, Article non daté, probablement de la moitié des années 1950

  • « La pratique de l’astrologie », Editions Medicis, 1998, Dane Rudhyar.

  • L’astrologie et la mécanique de la pensée. L’astrologie et la pensée/A propos du déterminisme. Bernard Duchatelle.

http://bernardlastrologue.blogspot.fr/2017/01/donald-trump-et-lobscurcissement.html

  • « Le zodiaque, clé de l’homme et de l’univers », Editions Prosvesta, 6ème édition 1994, Omraam Mikhaël Aïvanhov.

  • « L’Astrologie à la lumière du cœur », Editeur Arkhana Vox, 1991, Philippe Arlin.

  • « Concepts Théoriques de l’Astrologie Quantique, Approche Astrologique Multi-Dimensionnelle », Frédérique Ahond.

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Date de dernière mise à jour : 19/07/2026